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vendredi 4 janvier 2013

Critique littéraire des haïkus de Bernard Soubirous

Florence Houssais, auteur de "L'âme soeur" et de "Un an sans Élie", nous offre cette critique littéraire de "Haïkus", de Bernard Soubirous. Merci Florence !




Je reçois Haïkus de Bernard Soubirous le jour de mon anniversaire. Séduite immédiatement par le format, j’empoche mon cadeau pour partir au collège. Lors de mon atelier poésie, je le montre aux élèves, étrangement réconfortés à la vue de textes si courts. J’ouvre le recueil au hasard p.60 :

Des slips sur un fil
Tous ces gros et petits culs

Que le vent caresse


Nous sommes vendredi après-midi, dernière heure de cours avant les vacances de Noël et un petit vent de folie souffle dans la classe, les rires fusent chez mes jeunes ados de 13 ans. Ils sont immédiatement captés et les recherches sur l’origine du haïku sont menées dans l’exaltation.

Le soir venu, dans la quiétude de ma chambre, je peux enfin ouvrir mon écrin et contempler les précieux versets. La sensualité, l’humour (noir), la spiritualité, qui se dégagent de ces poèmes, me séduisent aussitôt.

J’admire le sens aigu de l’observation pour évoquer ce quotidien poétisé ; le jeu sur les sons, les couleurs, les images, les sensations, les effets de chute...


Le style est léger, fluide, vaporeux, délicat. Est-ce le vers impair, cher à Verlaine, qui opère cette magie ?
De la musique avant toutes choses
Et pour cela préfère l’impair


Devant nos yeux se déroule une galerie de tableaux où je me plais à reconnaître Monet p.24 :

Robe blanche ombrelle
Un champ de coquelicots
Balade d’antan


Dans le chapitre « Ville », je tombe face-à-face avec Gervaise, l’héroïne de L’Assommoir p.130 :

Coudes sur la table
Job aux lèvres elle fixe
Son verre d’absinthe


Ce recueil agit sur moi comme un véritable moteur d’inspiration. Il me donne un souffle nouveau et je m’essaie à mon tour à cette forme faussement facile.

Je vous offre d’ailleurs ici mon tout premier haïku, un condensé de ma propre vision de votre recueil :

Haïkus précieux
Charmants meubles de poupées
Monde d’Arrietty*

*héroïne minuscule d’un dessin animé japonais de Hiromasa Yonebayashi.


Je terminerai ma copie en donnant un conseil à tous les amoureux hésitants p.19 :

Quoi donc lui offrir ?
Demain la Saint-Valentin…
Un bouquet de neige ?

Et pourquoi pas un recueil de Haïkus ?

Florence Houssais