lundi 2 juillet 2012

Critique littéraire de "La nuit des poètes", par Martine Maillard

Martine Maillard, auteur ici de "Renaître" et "Instants secrets", nous offre cette critique de "La nuit des poètes", par les Apéciens


Les Apéciens n’en sont pas à leur premier recueil ; ils ont déjà publié ensemble un ouvrage intitulé « Écrire » - joli raccourci de leur passion commune - , et nous offrent ici une rêverie pleine de charme et de variété sur le thème magique de  la Nuit.
Mais qui sont-ils ? Le terme Apécien est dérivé de leur projet commun, qui est de constituer un Atelier de Poésie Classique (APC) ; et si l’on fouille un peu derrière cette appellation on découvre beaucoup plus que du « classique » ! En effet leur chef de file, dont le nom de plume est Flormed, est un passionné de toutes les formes ayant foisonné dans la poésie de l’antiquité jusqu’à nos jours, en passant par le moyen âge et les cultures étrangères (arabe ou japonaise par exemple). Il en détaille sur son site [1] près d’une cinquantaine (ballade, complainte, muzain, odelette, rondeau, schaltinienne, rotrouenge, virelai, villanelle … sans oublier le sonnet qui connaît des subdivisions multiples) auxquelles s’ajoutent des formes nouvelles inventées par le groupe (malhoun, ricochet, sonnettin…) .
C’est dire le charme et la musicalité des textes, tantôt longs, tantôt courts, dont les vers varient de longueur et de jeux de rimes, qui sont offerts dans ce recueil très inspiré tout autant que savamment construit : en douze subdivisions qui sonnent comme les douze heures de la nuit et comme le nombre sacré définissant l’Univers.
La Nuit est ainsi évoquée sous toutes ses facettes, symboliques comme réelles, en partant du noir des ténèbres et de la souffrance pour aboutir à la splendeur des astres qui l’illuminent, des feux qui la transfigurent, ou de la paix qu’elle apporte.
La variété de style comme d’inspiration est assurée non seulement par l’alternance des thèmes abordés et des formes utilisées, sur lesquelles nous n’avons malheureusement aucune indication dans le livre ( sauf lorsque l’auteur lui-même en fait son titre, comme c’est le cas du « sonnettin », de Khris Anthelme, p. 151 ! ), mais encore par le mélange de dix auteurs différents, parmi lesquels sept sont réellement réguliers, les autres ayant rejoint le groupe plus tard.
L’ensemble constitue un joli florilège qui gagne à être feuilleté au hasard des pages, ce qui permet de choisir une atmosphère plus sombre ( dans les premiers chapitres ) ou plus lumineuse ( vers la fin ), la table des matières très précise étant pour cela une auxiliaire appréciable.
Enfin, ce qui ne gâte rien, la couverture présente une superbe image de la lune, due au poète qui est également l’éditeur de l’ouvrage : Stellamaris.

Martine Maillard