mercredi 4 novembre 2015

Critique littéraire de Zorosa, tigresse des ksour

Annie Poirier nous offre cette critique littéraire de Zorosa, tigresse des ksour de Ahmed Derdour



Zorosa, tigresse des ksour

N'est-­il pas plus belle leçon de civisme que celle offerte par Ahmed Derdour quand il raconte avec la force de la vérité, les failles de l'histoire de son pays, l'Algérie, failles creusées à la suite de la colonisation, l'amenant à constater que les pauvres restent pauvres et que les plus riches demeurent des exploitants ?

Car aimer son pays c'est reconnaître ce qui en fait la richesse et la beauté, tant au niveau culturel que géographique mais c'est aussi savoir analyser la vie d'un peuple quand celui-­ci continue à souffrir d'injustice ou de persécution...

À travers l'histoire de « Zorosa, tigresse des ksour », l'auteur nous transporte dans un quartier pauvre d'Aïn ­Séfra, au cœur d'un univers typiquement féminin, non dénué de charme, dont l'auteur décrypte parfaitement la psychologie sans aucune misogynie, bien au contraire ! Ahmed est cet homme respectueux de la femme tel que le serait un bon père de famille envers sa propre enfant...

Zorosa ne serait­-elle pas cette enfant que nous voyons évoluer au cours des pages... ?

Quel bel hommage au grand courage des femmes, non seulement dans leur quotidien mais aussi dans leurs engagements pour faire régner, en dépit de leurs conditions de vie souvent difficiles, plus de justice et de paix quitte à aller jusqu'à mettre en danger leur propre vie.

C'est à travers les péripéties de cette jeune femme chargée de mission contre les abus militaires que l'auteur met en avant sa juste souffrance en condamnant la cruauté humaine rappelant les horreurs de la guerre. Nonobstant quelques pages, obligatoires à mon avis, dans lesquelles Ahmed décrit maintes formes de persécutions, jamais nous ne sentons d'agressivité dans son récit.

En plus d'être un roman descriptif d'une autre culture, il est aussi ce cri tant de fois répété, ce « plus jamais ça !... » qu'il retranscrit dans sa conclusion par cette phrase écrite en majuscule :

« RECONNAITRE LES DROITS D'UN PEUPLE DIFFERENT DU NOTRE ES UNE VERTU. »

Pour tout cela, je vous recommande ce roman, dont la seule prétention, en dehors du plaisir de l'écriture à laquelle l'auteur nous a habitués, est d'être un message de paix et de respect du prochain quelles que soient nos origines.

Annie Poirier