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vendredi 27 juin 2014

Critique littéraire de Poémitude Tome onzième

Annie Poirier, auteur de À l'ancre de mon coeur et Invitation, nous offre cette critique littéraire de Poémitude tome onzième, de Khris Anthelme

Poémitude tome onzième


Pour affirmer tout haut ce que d'autres pensent tout bas, déjà faut-il une certaine forme de courage lorsque le sujet est délicat. Faire le constat des aberrations ou des échecs de notre siècle en France et le faire par écrit, il en faut tout autant si ce n'est plus mais en vers de surcroît, est un défi que Khris Anthelme relève avec le talent que nous lui connaissons. Quant aux sonnets que notre auteur maîtrise à la perfection, n'est-il pas plus belle forme de poésie dont la fluidité permet une lecture d'une rare beauté et qui permet au poète tout en étant ici plus sévère, d'accentuer ou d'atténuer à volonté ce contraste entre deux mondes, celui des pauvres gens et l'autre...

Dans son « Préambule », Khris nous prévient : « Je ne suis d'aucun parti ni d'aucun institut, donc libre de mes pensées, j'aime mon pays tout simplement... » Oui c'est bien l'homme, le père de famille, le citoyen qui s'adresse à nous, non pas pour le pire mais pour le meilleur qu'il souhaite de tout son cœur pour notre pays qu'il aime tant... Et je peux vous affirmer que ce cœur est grand...

Dans son premier chapitre, « Clichés », il nous remet donc en mémoire tous ces faits passés ou présents qui ont fait la une des journaux juste le temps de passer à autre chose...Jusqu'à ce que le mal se repaisse de nouveau d'innocentes victimes...
                       « Pardonnez-moi, je me suis trop vite avancé,
                       Le sommet n'est atteint, le siècle bat de l'aile.
                       Ne savez-vous ? Je n'ose plus dans ma cervelle
                       Le monde examiner, je me sens distancé ! »

Souvenez-vous de Valentin, de Marion et de bien d'autres...

À la suite de ces horribles faits concernant les enfants, il invite le lecteur à faire l'analyse, dans son chapitre deux, de notre société malade. La constatation est terrifiante car personne désormais n'est à l'abri des malheurs et cela souvent dans une indifférence totale car l'on pense à tort que cela ne peut arriver qu'aux autres...
                       « À tout moment peut nous toucher l'invraisemblance,
                       Demeurons vigilants, le mal n'arrive pas
                       Qu'aux autres, non, l'atrocité prend de l'avance ! »

Avec le poème « Sous l'ombre d'un berger », un brin nostalgique, il nous amène à mieux mesurer l'importance de ce changement de mœurs :
                       « Je me souviens jadis filant d'un pas léger
                       Comme l'air, bien qu'aux pieds de pesantes godasses
                       Nous fassent traînailler, malgré quelques grimaces,
                       On allait le cœur fier sans trop s'ennuager ! »

Chapitre trois, « Fracture » :

                       « La fracture est béante ; occultant sa douleur
                       Nul ne l'entend, silencieuse, un feu de rampe
                       Brille, la fait se taire. Elle s'étire et rampe
                       En crachant sur le siècle un verbe sans valeur ! »

Ne les voyons-nous pas tous ces mal-logés que ce soit, c'est un comble, au pied de « l'Arc de Triomphe » ou tout auprès de nos jolies maisons...? Et que dire de tous ceux qui travaillent mais qui
                       « n'ont pour seul refuge Qu'une roulotte usée, une tente ou tantôt
                       Leur voiture, à l'arrêt, à sec, un écriteau
                       « En panne » prévenant qu'on ne les juge ? »

De questions en questions, Khris porte à son comble le ridicule et la mauvaise foi de nos gouvernants en empruntant le ton de la fausse innocence, à la limite de l'ironie car cela notre poète ne peut plus supporter.

Dans son épilogue, faisant à nouveau le point de toutes ces tristes constations, il propose des solutions en prenant sa muse à témoin :
                       « Aurait-on dis-moi Muse au fond de l'encrier
                       Quelques solutions ? De celles pas trop chères
                       À mettre en œuvre, il ne leur faut trop de misères
                       Non plus à les ouïr, je ne peux les crier ! »

« Les paroles s'envolent, les écrits restent » dit-on ! Ce cri d'alarme sera-t-il donc entendu ?

Je souhaite donc personnellement que ce tome onzième de Poémitude trouve une place plus que méritée dans nos bibliothèques et qu'il soit lu par quelques-uns au moins de ceux qui tiennent les rennes de notre belle France...

Khris, je te félicite ! Cet ouvrage est une parfaite réussite tant au niveau de l'écriture qu'au niveau de tes convictions plus que respectables qu'il serait bon de lire et relire au quotidien !

Annie Poirier