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mardi 19 novembre 2013

Critique littéraire de "Vers un village hmong du haut Laos"

Martine Maillard, auteur ici de Renaître et Instants secrets, nous offre cette critique littéraire de Vers un village hmong du haut Laos, de Erick Gauthier
Vers un village hmong du haut Laos


J’ai lu avec passion ce roman dont l’auteur, titulaire d’un doctorat en anthropologie sociale et ethnologie, est spécialisé dans ce groupe ethnique originaire du Sud-Ouest de la Chine et établi sur les hauteurs du Laos et du Vietnam du Nord : les Hmong.

Après avoir participé à quelques ouvrages de recherche et édité de la poésie et un roman, il nous propose là une approche vivante et même palpitante de ce peuple très original, à travers - je ne m’y attendais guère ! - une enquête policière… Ou plutôt, car le terme de « polar » correspond au style employé mais évoque une idée de violence totalement absente ici : à travers toutes les recherches, puis le voyage qu’entreprend Rick, le narrateur, détective privé de son état, pour retrouver un individu disparu. Je ne suis pas familière de ce type de littérature, mais en ai apprécié l’argot gouailleur et les relents de crasse dus à une existence généralement misérable, comme j’avais pu en avoir une idée à travers les aventures de Nestor Burma à la télévision, ou le best-seller pour la jeunesse « Le Faucon Malté » d’Anthony Horowitz.

L’ouvrage, écrit de façon enlevée et très colorée, est divisé en quatre parties : dans la première nous sommes à Paris, où Rick reçoit la visite d’une riche cliente qui lui demande de retrouver son fiancé parti un jour sans laisser d’adresse ; sans doute au Laos. C’est après un certain nombre d’investigations que notre détective obtient la certitude qu’il est bien là-bas, et même commence à enquêter sur l’ethnie Hmong auquel s’intéressait manifestement le disparu.

Dans la seconde, arrivé à Vientiane, la capitale du Laos, Rick s’informe et déniche un guide potentiel, un jeune homme d’origine hmong qui parle ce dialecte mais également le français. En même temps, nous découvrons à travers lui la ville et ses habitants, leurs habitudes alimentaires et leur façon de vivre. Le ton se libère pour des évocations très réalistes, tandis que le héros continue de nous faire sourire en s’enferrant dans son côté « ours mal léché ».

Dans la troisième, c’est toute la traversée du Nord-Laos que nous sommes invités à faire dans un autobus local aux côtés de notre détective, entraîné vers un village situé à quelque 700 km de la capitale dans des montagnes de plus en plus abruptes et encaissées, puis des hauts plateaux où le froid s’installe. On a vraiment envie de le suivre sur une carte et on cherche sur le net pour mieux comprendre comment se déroule ce périple à travers ce petit pays si pauvre perdu entre Thaïlande et Vietnam. Au fil de la lecture on apprend que beaucoup de blancs s’y sont fixés après la guerre d’Indochine, et que certains y ont même conservé des attaches, voire des amours.

Enfin dans la quatrième partie le village hmong convoité est atteint et le narrateur, décontenancé, y assiste à un enterrement des plus étranges dans le rituel de la plus pure tradition locale. Je me crus un moment transportée aux côtés de Frédéric Lopez dans sa célèbre émission « Rendez-vous en Terre Inconnue » mais après recherche, je découvris qu’il n’avait encore emmené personne là-bas ! Jusqu’au bout subsiste le suspense, le narrateur ne comprenant pas un mot de ce qui se dit et se demandant si son jeune guide, étonnamment distant car c’est son père qui vient de décéder, s’est moqué de lui. Mais de retour à Paris avec une réponse qui laisse stupéfait, il est certain d’avoir attrapé le virus à son tour car il ne songe plus qu’à repartir.

Je ne saurais que recommander cette lecture. Bravo donc et merci à Erick Gauthier pour ce beau voyage qu’il m’a permis de faire à ses côtés, et qu’il vous est loisible de faire à votre tour !

Martine Maillard