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jeudi 31 janvier 2013

Critique littéraire de "Chemin", par Martine Maillard

Martine Maillard, auteur de Renaître et de "Instants secrets", nous offre cette critique littéraire de "Chemin", de Fernando Bronchal





Fernando est un authentique poète.
Et pourtant, Fernando est un peintre !
Mais lequel des deux principalement en fait ?
Fernando est un véritable créateur, au sens originel du mot « poète », car il façonne autant avec ses mains la matière colorée pour en obtenir des tableaux, qu’il pétrit dans sa tête la matière orale afin d’en réaliser ces petits poèmes dont il a le secret et qui vous laissent pantois, tant ils expriment d’émotions profondes et de vérités frappantes.

Voici longtemps qu’on le connaît et qu’on l’aime sur le net, pour son blog qu’il signe du pseudo de Tilk. Il a publié déjà, et il expose à tour de bras ! Espagnol de naissance, il a une créativité débordante et un cœur d’or, qui le poussent à agir pour l’art et à organiser des rencontres avec d’autres artistes de tous bords (musiciens, peintres, poètes), des travaux collectifs (des recueils et des expositions en commun) et des animations pour les enfants, dans le Bordelais qu’il habite.

… Et voici qu’il a publié chez Stellamaris ! Ce qui apporte à cette jeune édition ce grain de folie qui lui manquait, cette touche de romantisme échevelé émanée d’une publication d’un format totalement inattendu (plus large que haut), avec ce graphisme délirant et riche en couleurs qui caractérise Fernando (11 tableaux reproduits bien sûr avec la couleur), et ces petits textes époustouflants qui les ponctuent.

En véritable espagnol, tout ce que crée Fernando sort directement du cœur. Sans ambages. Et cependant, il travaille. Cette plaquette, « Chemin », est un témoin de ce travail, de ce travail quotidien qui est chez lui sa seule nature : à chaque jour son tableau, à chaque jour son poème, sur lesquels on remarque une sorte d’évolution qui va, de variante en variante, enrichir le sujet jusqu’à en avoir exploré tous les contours.

Ainsi en peinture travaille-t-il autour de thèmes bien définis : un jour le soleil, une autre fois, le mouvement, ou encore le rêve. Ici « Le chemin » est présent pratiquement sur chaque dessin, il apparaît entre les papiers déchirés qui servent de base au tableau, souvent orné de ces ficelles tendues qui sont une des marques distinctives de l’art de Fernando, son leitmotiv en quelque sorte - que l’on interprète suivant l’humeur, soit comme des liens ou les barreaux d’une cage, soit comme les cordes d’une guitare ou les marches d’un escalier… Et d’une fois sur l’autre, il est rouge, jaune, vert, ou bleu, noir aussi parfois, ou brun ; mais toujours, on est enchanté de ses formes et de ses couleurs !

Quant aux poèmes… j’avais l’intention de vous en citer un ; mais lequel choisir ? Ils sont tous aussi fabuleux, et de plus, ils se suivent, dans une progression qui bien sûr est celle du « Chemin » évoqué par le titre, en en traduisant toutes les significations, éclairant toutes les implications, dans une recherche obstinée du sens de la vie d’artiste - ou du sens de la vie tout court. Un poème, vous en avez un sur la quatrième de couverture, qui est déjà assez concentré pour vous donner une idée de la « force de frappe des mots » chez Fernando. Et puis il est vrai que le livre se feuillette, l’éditeur ayant la générosité de vous en offrir une approche très complète. Mais pour terminer je vous en ai tout de même choisi un que j’aime particulièrement - notamment avec le beau tableau qui éclabousse de rouge, de blanc cassé et de bleu ciel en vis-à-vis :

Je tisse une étoffe d’eau
avec les longs fils des jours
je tisse un rideau ouvert
sur chaque matin
j’apprends le funambulisme
quand le chemin le veut
j’apprends à me taire
quand il parle
sans chercher à savoir
la destination
je veux juste de la passion

Et la passion, n’est-ce pas la signature même de Fernando ?

Martine Maillard