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mardi 11 septembre 2012

Critique littéraire des Poésies de Kieran Wall, par Márcia Marques-Rambourg

Márcia Marques-Rambourg, auteur de "Quadrilatère" (à paraître), nous offre cette critique littéraire des "Poésies" de Kieran Wall


Poésies, de Kieran Wall

Le recueil de Kieran Wall (ses cent-quarante-cinq pages de « Poésies ») nous invite à un voyage de sens, de phénomènes, de vision à travers les lignes sinueuses de l’interprétation. Chaque strophe, vraisemblablement travaillée et retaillée à la lumière d’une logique musicale, rythmique et signifiante, nous donne ainsi à voir une poétique où le lecteur est au centre des interrogations esthétiques de l’acte de la création littéraire.

Les lignes de Kieran Wall nous suggèrent, ainsi, au-dessus le plaisir esthétique de la lecture musicale – et quelle finesse formelle dans ses mots ! –, un long et fertile voyage à l’intérieur du modus operandi  de ses vers logiques et « pierreux ».  Elles nous suggèrent une vision, une sensation transcendantale, un moment de jouissance intellectuelle où les mots se marient à des états mentaux de plus en plus sophistiqués et exigeants dans l’acte de l’interprétation. Ce que l’on observe dans la poésie de Wall – et de façon très agréable – ce n’est pas tant les mots poétiques où le lyrisme purement musical  dominerait le ton de la lecture, mais un lyrisme «calculé » où les impressions reçues reposent sur un lit de couleurs, de paysages, de figures ouvertes, de personnages à recréer.
Dans sa « poésie » numéro 63, nous lisons :

                    « La pluie sermonne les bourgeons
                    Et leurs couleurs en couches ;
                    Les vitres sonnent à chaque touche.
                    À chaque goutte nous gageons
                    De n’être que la solution de tout ce qui nous pousse. »

Ici, outre les effets de langage (les allitérations bien heureuses, comme « couleurs », « couches », « touche », « goutte », « gageons », « solutions », « pousse » entre autres figures rhétoriques), le poète nous montre une fenêtre ouverte où la peinture et la musique se marient quasi instinctivement, et l’expérience textuelle se remplit de blanc, d’espace vide, de silence, et de sensations chargées.
En parcourant les « poésies » de Kieran Wall, on se doit presque de redessiner ses rues bretonnes, de revivre ses jours opaques d’hiver gelé, le mouvement quasi surréaliste des paysages vus, les pas trébuchants d’un flâneur baudelairien ; les marques des vies, de gens, des amours qui vivent encore sur ses pages.

Sa poésie est ainsi un champ. Un champ mouillé de mots et de vers, calculé dans le travail de l’observation et dans l’amour valéryen des Paroles musicales.

                    « Entre les arbres se nouent des nimbus laiteux,
                    Exécutant sans fin leur lente transhumance,
                    Des formes où le ciel perd un peu de sa clémence
                    Entre tous les gris d’un azur infructueux. »  (p. 136)

Márcia Marques-Rambourg